Chers parents,

Voici quelques images de la mise en place du jardin en permaculture. Les enfants ont retroussé leurs manches pour construire les buttes en lasagne (superposition de couches carbonées et azotées pour créer le substrat sur lequel pousseront nos légumes). Je tenais d’ailleurs à vous remercier pour le temps que vous m’avez accordé et pour les matériaux que vous m’avez fourni. Nous formons une chouette équipe ! 🙂

Assemblage de cageots pour former des petites buttes

Les grandes buttes ont été assemblées par Chrisitan. Les enfants ont pu apprendre à visser sur des modèles plus petits avec l’aide de Gilbert, grâce à la récupération de cageots à pomme.

Remplissage des buttes avec alternance des couches azotées et carbonées.

Ce type de construction est appelé “butte en lasagne”. L’alternance azote / carbone débouche sur un humus riche et équilibré, support idéal pour de nombreuses cultures.

Tassement des différentes couches.

Nous avons anticipé le tassement naturel de la matière organique afin de remplir les buttes au maximum et limiter le travail de remplissage l’année prochaine.

Les vers de terre sont les artisans du sol.

Sans vers de terre, pas de dégradation de la matière organique, et donc pas de vie possible pour les plantes.

Et voilà le résultat !

Bravo à tous les élèves !

Des jardiniers heureux !

Parfois, sortir la tête des bouquins, ça fait du bien.

Cet article est consacré à la thématique de la permaculture, de la pédagogie de la nature et des objectifs visés à travers la mise en place d’un jardin scolaire.

La permaculture

La permaculture est inspirée des processus observés dans les écosystèmes naturels, du savoir-faire et des techniques traditionnelles. Elle tend à valoriser tous les éléments du système humain : habitation, énergie, jardin, déchets, forêt, point d’eau. Plus qu’un mode de culture, c’est une culture de la permanence, une philosophie qui vise à créer des écosystèmes économiques, humains et agricoles durables.

Une permaculture tend à devenir un système autonome, où l’intervention du jardinier diminue avec le temps. La forêt illustre clairement cette autonomie :

  1. Les arbres se nourrissent d’éléments nutritifs et d’eau, rendus disponibles par les éléments du sol.
  2. Les arbres peuvent ainsi produire leur feuillage à la belle saison.
  3. A l’automne, le feuillage des arbres tombe au sol. La vie du sol en est ainsi protégée et trouve une nouvelle source de nourriture.
  4. Dégradée, la litière relâche de nombreux nutriments, à nouveaux disponibles pour la croissance des arbres.
  5. Enfin, cette litière crée également un milieu propice à la germination de leurs graines et au développement de leur descendance.

C’est un mode de vie, articulé autour de trois valeurs : le soin à la Terre et à la nature, le soin à l’être humain, le partage équitable de la production. Grâce à l’application de certains principes, la permacultrice ou le permaculteur pourra intégrer et respecter ces valeurs au quotidien.

En voici quelques-unes :

  • travailler avec la nature plutôt que contre elle
  • réutiliser les déchets qui deviennent ainsi une ressource
  • privilégier le biologique et le local
  • encourager la coopération : travailler en équipe
  • associer des plantes qui s’entre-aident
  • intégrer les animaux au sein du potager.

L’humain est intégré au sein du système afin de produire selon ses besoins nutritifs, en tenant compte du temps qu’il a à disposition pour profiter au mieux de ce mode de vie.

La pédagogie de la nature

Les finalités de l’éducation étant étroitement liées au développement du savoir-être en lien avec le savoir-vivre et le savoir-devenir, la perspective pédagogique d’une école au jardin implique les enfants vis-à-vis de la notion à apprendre et favorise le lien affectif avec le savoir. Dans cette démarche, le caractère multidimensionnel de l’enfant, ses aspects cognitifs, affectifs, sociaux et kinesthésiques sont pris en compte. La pédagogie de l’éducation relative à l’environnement se définit par l’interdisciplinarité, l’apprentissage coopératif et le recours à la démarche de résolution de problèmes. Ici c’est en partie l’expérience de l’enfant qui sert de base à l’éducation intellectuelle. La mise en place du jardin permet le réengagement personnel, la créativité, la responsabilité et l’autonomie. Le jardin a pour rôle d’éduquer au développement durable, et de former de futurs citoyens responsables, réflexifs et actifs (triage des déchets, recyclage, connaissance des produits consommés, conditions de production et saisonnalité,…). Il nous servira donc de support pour les sciences, l’histoire, les activités créatrices et manuelles, les mathématiques et le français.

Prochainement, vous pourrez lire et écouter les interviews de vos enfants et en apprendre davantage sur l’apiculture, le jardinage, les métiers de vigneron, d’horticulteur ou encore des responsabilités d’un directeur des fruits et légumes du Valais.

Au plaisir de vous rencontrer durant les réunions de parents qui auront lieu dès la rentrée, je vous souhaite d’ores et déjà de belles vacances d’automne en famille.

Héloïse Barras